Là où tout a commencé...
Découvrez la rencontre des personnages que forme notre trio
Siléa, Pilou et Lumi


Sous les racines d’un chêne millénaire, se cache un village minuscule, perdu depuis la nuit des temps : Sous-Racine.
Dans ce hameau secret vivent les Murmurins.
Moitié fée, moitié elfe, ils sont hauts comme une pensée et légers comme un câlin.
Chez eux, tout est à sa place dans un équilibre parfait. Leur seule magie est leur attention. Ce sont les mains invisibles qui aident la nature à faire ce qu’elle sait déjà faire : colorer le monde, guider une pousse, ou orienter une goutte de rosée.
Mais parmi eux, il y a Siléa.
Un jeune Murmurin au cœur rempli de frissons et de questions. Pour lui, Sous-Racine est devenu trop petit. Chaque soir, son regard s'échappe au-delà des racines, là où l'inconnu commence.
Et un jour, ce fut plus fort que lui : il se confia à Vieux Caillou, un rocher sage qui avait vu passer les dinosaures et le silence d’avant le monde.
Vieux Caillou resta silencieux un long moment, puis murmura :
— Dehors, le monde va vite, Siléa. Si vite que les gens ne prennent plus le temps de se perdre dans les bois. Ils oublient les histoires de la nature, celles du cœur, celles qui ne s'entendent que dans le silence. Ces histoires-là sont en train de s'endormir... et si personne ne les écoute, elles disparaîtront pour toujours.
Ce fut comme une évidence pour SIléa. Il avait trouvé le sens de son ennui
Le lendemain, avec sa petite besace en toile de feuille sur l'épaule, Siléa franchit la racine du seuil. Il quitta la sécurité du nid pour explorer le vaste monde.
Son but ?
Retrouver ces murmures oubliés, vivre des aventures avec ceux qui peuplent la terre, et s'assurer que l’émerveillement ne s'éteigne jamais.
Et depuis, Siléa nous envoie des histoires cueillies au détour d'un sentier.
Pour nous rappeler de prendre, nous aussi, le temps de nous perdre un peu…

Siléa venait à peine de quitter Sous-Racine.
Son cœur battait d’excitation, ses pieds frémissaient de curiosité.
Où commence-t-on quand on cherche les histoires oubliées ?
Avant son départ, les anciens du village avaient chuchoté mille pistes :
« En Écosse, une fée veille sur un lac. »
« En Irlande, les elfes dansent encore autour des dolmens. »
« Et en Chine, dit-on, un dragon conteur garde une montagne secrète… »
Siléa n’avait ni carte, ni plan.
Juste ce désir au creux du ventre.
Un vent joueur, comme né de rien, tourbillonna autour de lui.
Il le fit danser, glisser, tournoyer…
Et pouf !
Siléa atterrit doucement sur ce qu’il pensait être un rocher.
A la surface de mille couleurs : turquoise, ambre, vert mousse, or…
Mais le “rocher” remua.
« Aïe ! » grogna une voix étouffée.
Siléa recula d’un bond.
« Oh ! Pardon ! Je… je ne savais pas que tu étais… toi ! »
C’était une tortue.
Une tortue à la carapace comme un vitrail : bleue, rouge, dorée, traversée de lumière.
« Tu es magnifique, » lui dit Siléa.
La tortue rentra la tête.
« Pas si fort… Je préfère qu’on ne me voie pas. »
« Pourquoi ? »
Un silence. Puis, à voix basse :
« Parce que je suis différent. Tu as déjà vu une tortue comme moi ? Trop coloré. Trop… moi. Alors souvent on se moque. »
« Tu sais... On est tous unique... Tu as déjà vu un murmurin ? » répondit malicieusement Siléa
Siléa s’assit doucement à côté de son nouvel ami.
Il observa les feuilles autour, en choisit quelques-unes : souples, douces, rassurantes.
Il y ajouta une plume et un brin d’écorce, et d’un geste délicat, les déposa sur le dos de la tortue.
« Une carapace-feuille. En attendant que tu sois prêt. Je suis Siléa, je cherche les histoires oubliées »
« Merci, moi c’est Pilou » répondit la tortue en redressant la tête pour admirer son nouveau manteau.
« Tu viens avec moi ? Je pars pour l’Ecosse. Ou peut-être l’Irlande? » demanda alors Siléa.
Pilou hésita. Puis hocha la tête.
Ils partirent côte à côte :
L’un sautillant, l’autre prudent, mais déterminé.
Un peu plus loin, le vent espiègle revint.
Il fit frissonner les feuilles du manteau… et d’un souffle joyeux, les souleva.
Les morceaux s’envolèrent en riant.
La carapace de Pilou scintilla au soleil.
Une abeille s’approcha, intriguée.
« On dirait une fleur ! » dit-elle.
Un papillon fit un détour.
« Même moi, je n’ai pas de si jolies couleurs… »
Une libellule ralentit son vol.
« Ce bleu… il me rappelle la rivière où je suis née. »
Pilou sourit. Vraiment. Pour la première fois.
« Où allez-vous comme ça ? » demanda l’abeille.
« On cherche les histoires perdues, » répondit Siléa.
L’abeille réfléchit.
« Parlez à mon amie libellule, elle habite plus loin sur le chemin. Elle connaît tous les murmures du vent. »
Siléa hocha la tête.
Le chemin continuait.

Après une petite marche, Siléa et Pilou arrivent aux abords d’une rivière qui <=chante doucement, entre les pierres rondes et les herbes hautes.
Partout, des éclats bleus et verts voltigent dans l’air…
Des libellules, par dizaines.
Mais aucune ne ressemblait à la joyeuse Lumi qu’on leur avait décrite.
Siléa avançait prudemment, les yeux levés.
« Tu crois qu’on la reconnaîtra ? » demanda Pilou.
« Elle est vive comme le vent. Étincelante comme le soleil. Belle comme une fleur. Joyeuse comme un enfant… » murmura Siléa en se rappelant les mots de leurs amis.
« Donc… très visible ? » ajouta Pilou en clignant des yeux.
Soudain, un éclat lumineux fendit l’air.
Une traînée dorée, une pirouette, un demi-looping… et paf !
Une libellule multicolore atterrit à toute vitesse devant eux, en plein vol stationnaire.
« TADAAAAM ! » lança-t-elle en tournoyant sur elle-même.
« C’est bien vous, hein ? Le murmurin et la tortue ? Ceux qui cherchent les histoires oubliées ? »
Siléa cligna des yeux. Pilou recula d’un pas.
« Comment tu sais ? » demanda-t-il, intrigué.
Elle éclata de rire, vif et cristallin.
« Les infos vont plus vite qu’un murmurin quand on est une libellule, voyons ! Surtout quand on a autant d’amis que moi. »
Elle fit une vrille joyeuse.
« On me murmure plein de choses ! »
Elle les observa avec attention.
« Je vous attendais. Vous êtes pile à l’heure. »
« À l’heure ? » s’étonna Siléa.
« Oui, parce que j’ai une idée. Je pense savoir où vous devez commencer. »
Elle se posa délicatement sur un roseau, les ailes frémissantes.
« Il suffit de suivre le chemin. Des histoires oubliées, que peu connaissent et qu'on ne raconte plus aux enfants ? J'en connais plein.
On ne les trouve pas dans les livres. Pas avec autant de vie.
On les trouve dans les rencontre, quand on se perd en chemin.
Elles sont partout »
Pilou rentra sa tête dans sa carapace.
« Autant dire nulle part »
« Mais quel raleur ! » répondit Lumi.
« Allez, venez, je vous emmene vois la nature comme vous ne l'avez jamais vu.
Des histoires fabuleuses sur le monde qui nous entoure.
Et je suis sûre que si on se perd.... On trouvera encore plus d'histoires ! »
Alors ils se regardèrent tous les trois.
Une équipe inattendue.
Mais une équipe, quand même.
Siléa sourit et regarda Pilou.
« En route avec Lumi ? »
Pilou regarda quelques secondes encore Lumi puis répéta
« En route avec Lumi... » avec moins d'enthousiasme que son nouvel ami.
Et le vent, complice de leurs aventures, s’engouffra dans les feuillages pour ouvrir la voie.
Les Murmures de Sous-Racine
©2025. All rights reserved.
Powered by connection, clarity, and community.